Le Roi Artus (et autres histoires de chasseurs)

Avec l’automne arrive la saison de la chasse, et dans les Landes, que l’on aime cette pratique ou non, qu’on la soutienne ou la critique, il s’agit bien sûr d’une tradition de longue date, une coutume bien ancrée qui rassemble aujourd’hui encore de nombreux adeptes.

La chasse, les chasseurs et leurs proies s’invitent alors parfois, vous vous en doutez, dans les contes landais, et c’est de cela que nous allons parler aujourd’hui.

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L’histoire de chasseur la plus connue est sans conteste celle du Roi Artus, un personnage de légende bien connu dans les Landes. Il s’agissait d’un roi au courage émérite, mais dont le seul défaut, aux yeux des landais, était sa passion démesurée pour la chasse. Il chassait si souvent qu’un jour, il eut même l’audace de préférer la chasse à son devoir religieux, et Dieu le punit et le maudit pour cela.

Voici ce que nous dit le Dr Jean Peyresblanques sur ce roi légendaire :

Artus était un roi passionné de chasse. Il ne vivait que pour la chasse et était toujours armé de pied en cap, où qu’il aille, suivi de ses valets et de ses chiens. On l’appelait le roi chasseur, ou le roi noir (lou rey neugue), car il était toujours sanglé dans un costume noir.
Un jour de Pâques, il assistait à la messe avec ses gens. Sa meute était restée à la porte de l’église. Soudain, au moment de la consécration, il entendit aboyer, puis le chœur des chiens enfla dans l’église à la porte ouverte. Les aboiements résonnèrent, formidables. D’un bond, le roi Artus se précipita vers la sortie pour aller débouter le sanglier. Le prêtre, surpris, s’était retourné et voyant partir le roi, il s’écria :
« Chasse, chasse, roi impie, que seul le jugement dernier te délivre ! »
Un grand vent s’éleva et un tourbillon emporta dans les airs le roi et toute sa suite, valets, piqueurs, chevaux, chiens, qui partirent à grand-trompes, dans une galopade insensée. Depuis, le roi Artus chasse sans trêve ni repos. Dans les longues nuits d’hiver, il vous est arrivé d’entendre de lugubres et lointains sons de trompe, dans le gémissement d’un vent au rythme du galop. C’était lui. Les vieux vous diront qu’on l’a vu parfois, tout noir sur son cheval maigre, en tête, avec son épieu et ses cheveux hirsutes. Hagard, il cherche à atteindre la proie que ses chiens efflanqués et féroces ont levée. Aussi acharnés que lui, ses valets le suivent à grands coups de trompe. Mais pas un cri, pas un aboiement, seuls la trompe et ce bruit de galop effréné. Tous les sept ans, il lève une mouche, la « mouche du désir », disaient les anciens ; il la force, il la force, et au moment où il va l’atteindre, un de ses chiens la gobe. Ainsi, jusqu’à la fin des temps.

Cette chasse éternelle d’Artus est la plus connue, mais ce roi n’est pas le seul à courir les airs jusqu’à la fin de temps en quête d’une proie inatteignable :

Presque tous les paysans, du Médoc, des Landes, du Comminges, assurent qu’ils ont souvent entendu dans l’air, soit en plein jour, soit pendant les belles nuits de l’été, le jappement d’une meute de chiens, le son du cor, et les cris d’une nombreuse troupe : ce sont, disent-ils, des génies, des rois, des guerriers qui aimaient la chasse et se livrent encore à cet exercice.

Alexandre du Mège, Statistique générale des départements pyrénéens ou des provinces de guienne et de Languedoc, cité dans Les Mystères des Landes de Pierre Chavot, p46.

Cette croyance selon laquelle les airs seraient hantés par d’anciens illustres chasseurs semble donc très répandue, et l’histoire du roi Artus n’est probablement qu’une variante de cette légende parmi d’autres.

Dans le Marensin, d’ailleurs, ce n’est pas Artus, mais un autre chasseur du nom d’Estournac, qui subit le même sort ; il fut puni par Dieu pour avoir poursuivi un lièvre le jour de Pâques, et depuis lors, ce sont seulement ses chiens que l’on aperçoit chaque année au même jour, criant et jappant, comme une apparition de mauvaise augure.

Le lièvre, tant qu’on parle de lui, est par ailleurs au centre d’une autre histoire de chasse aux tons fantastiques, rapportée par l’Abbé Foix, puis par Pierre Chavot dans ses Mystères des Landes. C’est une histoire qui se déroule à Mont-de-Marsan :

Des chasseurs repèrent dans une haie, un trou au-dessus d’un pommier, par où les lièvres se faufilent pour se régaler dans le champ. Par un beau clair de lune, l’un d’eux se poste dans l’arbre. A minuit pile, une hase splendide apparaît, avançant d’un pas lourd et cadencé, comme si elle portait une chaîne, et produisant un bruit inquiétant. Le chasseur se signe aussitôt et s’en remet à Dieu. L’animal approche, s’assoit sous le pommier, tranquillement, et lui demande :
« Tu n’as pas vu l’autre ? »
Se moquant de savoir qui est cet autre, le chasseur saute de son perchoir et court à perdre haleine chez une voisine pour lui raconter son aventure.
« Oh ! Je vois ce que c’est, dit-elle aussitôt. Cette hase a pris l’âme de la sorcière qui est morte il y a deux mois, vous savez, cette vieille maritorne qui ensorcelait tous les animaux. dieu n’a pas voulu de cette âme vilaine, il l’a remise dans le corps d’un lièvre femelle, et ce lièvre traînera des fers tant que l’âme y sera emprisonnée.
– Et alors, que faire ?
– Demander des prières, ce qui n’est pas difficile ; les obtenir, ce qui l’est davantage ; mais si on les obtient, la délivrance est immanquable, et le lièvre ne le sera plus. »

Ainsi, étant pratiquée depuis des lustres, la chasse possède, elle aussi, son lot de contes, de légendes fantastiques et de superstitions. Dans ces histoires, d’ailleurs, on croise des éléments qui se sont révélés récurrents dans les contes landais, notamment la fonction « magique » d’un prêtre, dont les seules paroles suffisent à maudire un homme dans la version du Roi Artus du Dr Peyresblanques, mais également les sorcières et leurs « âmes vilaines » rejetées par Dieu.

Finalement, c’est donc encore la religion qui s’invite partout… Même dans les histoires de chasseurs ! 😉

Les Sirènes

Nous l’avons déjà évoqué, les différents éléments naturels, et l’eau en particulier, avaient une grande importance dans la vie quotidienne des landais. Et l’océan, qui borde le territoire, rythmait l’existence d’une bonne partie de la population qui, sur le littoral, comptait un grand nombre de marins et de pêcheurs.

Il est une figure mythologique fort connue qui accompagna la vie de bien des peuples maritimes à travers le monde ; celle de la Sirène. Et les Landes n’y ont pas échappé.

Les marins landais entretenaient cette croyance populaire selon laquelle les sirènes, des êtres malfaisants et cruels, peut-être immortels, vivaient dans les profondeurs de l’océan. Est-il bien utile de vous rapporter la description de ces créatures fantastiques ? Depuis la mythologie grecque, les nombreuses légendes européennes, jusqu’au fameux conte de Hans Christian Andersen en 1837 et à l’adaptation de Disney plus de 150 ans après, cet être des eaux au corps de femme et à la queue de poisson a conquis l’imaginaire collectif et est devenu une créature fantastique incontournable.

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Des ouvrages entiers pourraient être écrits sur les origines de ce mythe et sa complexité, mais contentons-nous de voir ce que l’on en disait dans nos Landes.

Jean-François Bladé, célèbre historien et collecteur de traditions orales de la Gascogne, a livré une description détaillée de l’état de cette croyance dans les Landes au XIXème siècle :

Il y a des sirènes dans la mer. Il y en a aussi dans les rivières… Les sirènes ont des cheveux fins et longs comme la soie et elles se peignent avec des peignes d’or. De la tête à la ceinture, elles ressemblent à de belles jeunes filles de dix-huit ans. Les reste du corps est pareil au ventre et à la queue des poissons. Ces bêtes ont un langage à part pour s’expliquer entre elles. Si elles ont affaire à des chrétiens, elles parlent patois ou français.

On dit que les sirènes vivront jusqu’au jugement dernier. Certains croient que ces créatures n’ont pas d’âme. Mais beaucoup pensent qu’elles ont dans le corps des âmes des gens noyés en état de péché mortel…

Pendant le jour, les sirènes sont condamnées à vivre sous l’eau. On n’a jamais pu savoir ce qu’elles y font. La nuit, elles remontent par troupeaux et folâtrent en nageant au clair de la lune jusqu’au premier coup de l’Angélus du matin. Il arrive parfois qu’elles se battent. Alors elles s’égratignent et se mordent pour se sucer le sang. Au premier coup de l’Angélus, elles sont forcées de rentrer sous l’eau.

Force mariniers, en voyageant sur la mer, ont vu des troupeaux de sirènes nager autour des navires. Elles chantaient tout en nageant, des chansons si belles, si belles que vous n’avez jamais entendu, ni n’entendrez jamais les pareilles. Par bonheur, les patrons des navires et des barques se méfient et savent ce qu’il faut penser de ces chanteuses. Ils empoignent une barre et tombent à grand tour de bras sur les jeunes mariniers qui sont prêts à plonger pour aller trouver les sirènes. Mais les patrons ne peuvent pas toujours avoir l’œil partout, alors les sirènes tombent sur les plongeurs. Elles leur sucent la cervelle et le sang et leur mangent le foie, le cœur et les intestins. Les corps des pauvres noyés deviennent autant de sirènes au jugement dernier.

Les sirènes étaient donc très redoutées et représentaient un grand danger pour les marins. Cette réputation d’être maléfique et fourbe a traversé les siècles, mais a été mise à mal par le conte d’Andersen et sa Petite Sirène pure et innocente, qui a rencontré un tel succès qu’elle est aujourd’hui pour beaucoup la première représentation qui vient à l’esprit lorsque l’on évoque les sirènes. Du moins, c’est mon cas, puisqu’il s’agit de mon conte préféré…

Mais peut-être ne suis-je pas la seule ? En effet, l’auteur Charles Daney, dans son recueil Les contes des Landes, de la mer et du vent, publié en 2003, nous livre un personnage de sirène bien plus doux, très éloigné de la tentatrice à la voix envoûtante que l’on décrivait autrefois. Pour aller à la rencontre de cette sirène, il faut s’éloigner légèrement des limites du département actuel des Landes, et se rendre du côté du Bassin d’Arcachon.

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Charles Daney raconte que vit là la petite sirène verte du Bassin. Elle serait sortie à la surface une fois, lors d’une nuit sans lune, et aurait émerveillé de sa beauté les marins qui se trouvaient là, à tel point que les jours suivants, on ne parlait plus que de ça. Alors des étrangers sont venus de toute part, et ont ri haut et fort des croyances des habitants du Bassin, ce qui a bien attristé la petite sirène, qui a choisi alors de ne plus se montrer.

Depuis, elle se contente de protéger le Bassin, de dorloter les huîtres, de renseigner des poissons lorsqu’ils s’égarent aux croisements des chenaux qui ne sont balisés qu’en surface, de raconter de belles histoires qui font s’éclater les anémones et mourir de rire les holothuries.

Les enfants l’aperçoivent encore quelquefois, au soir tombant, quand il fait beau et qu’ils s’assoient sous les pins de Péreire, après que le soleil ait rosi les eaux argentées du bassin. Vous aussi, à condition de regarder de toute votre âme, et si vous l’avez mérité, vous pouvez apercevoir le clair rayon vert de ses yeux et la longue ondulation de jade de ses cheveux.

Retrouvez le conte de Charles Daney en intégralité dans son recueil Les contes des landes, de la mer et du vent.

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Ainsi les terribles créatures des abysses ont évolué dans l’imaginaire de certains pour devenir des êtres doux et sensibles, protecteurs des eaux, n’attendant que d’être aimés des humains…

Et vous, quelle version des fameuses sirènes préférez-vous ? 🙂

La légende de l’Étang Noir

La légende que je vais partager avec vous aujourd’hui m’est particulièrement chère, car c’est la première légende landaise que j’ai entendue de ma vie, alors que je n’avais que 9 ans. C’est à l’école que je l’ai apprise, lors d’un séjour scolaire à Seignosse, à la Réserve Naturelle de l’Étang Noir. Je garde de ce séjour, de ce lieu et de cette histoire, un souvenir très particulier, et je sais que c’est à cet âge-là que mon goût pour les contes et légendes s’est développé…

A Seignosse, le grand Étang Blanc et l’Étang Noir, plus modeste, se font face. Avec des noms pareils, il aurait été bien étonnant de ne pas trouver de légende merveilleuse donnant une explication à leur existence ainsi qu’à leurs noms !
Et voici ce qu’elle raconte :

Il y a fort longtemps, s’élevait sur les berges de l’Étang Blanc un château majestueux où vivait le baron de Seignosse, Eric. Comme de nombreux autre hommes de son rang, il décida de partir en Croisade en Terre-Sainte et resta absent plusieurs années.

Un beau jour, les habitants de Seignosse virent de nouveau flotter sur le donjon les armes de leur Seigneur, et comprirent que celui-ci était rentré. Mais tous s’étonnèrent de la discrétion de son retour, et plus encore lorsque, les jours passant, on s’aperçut qu’on ne le voyait jamais sortir de son château. On s’inquiéta d’un possible échec de sa mission divine et de l’humeur ombrageuse du baron, mais alors que le temps passait, des rumeurs commençèrent à circuler et les villageois soupçonnaient que leur Seigneur ne soit devenu démon. On disait qu’il était rentré de nuit, seul, et plus inquiétant encore que le pieux seigneur ne s’était pas rendu aux offices religieux depuis son retour. De plus, l’on apercevait régulièrement, dans les hautes fenêtres de la tour Nord, danser des lueurs inquiétantes et étranges comme si entre ces murs le baron se livrait à des expériences alchimiques. Les villageois parlaient à présent de sorcellerie, et renommèrent cette tour la Tour du Diable. On tremblait à l’idée que cette magie diabolique ne s’échappe des murs du château pour venir détruire leur existence.

Dans le secret de ses forges, le baron s’appliquait donc à l’alchimie, la transcendance des métaux, afin d’élaborer une pierre philosophale qui lui permettrait de transformer les simples métaux en or, et de lui offrir la jeunesse éternelle. Il avait obtenu ce savoir en vendant son âme au démon, et Eric ne craignait plus ni les hommes, ni Dieu, ni la mort. Il contrôlait les esprits anciens de la Nature et les quatre éléments, ainsi que les vertus du règne animal dans le but de devenir lui-même le plus redoutable des prédateurs.
Lorsque minuit venait, il sortait explorer la campagne, à l’insu de tous, se déplaçant comme une ombre parmi les ombres. Il se frottait le visage de sang de chauve-souris afin d’adapter sa vision à l’obscurité la plus totale, et dépeçait loups, serpents, lièvres et boucs pour s’en faire des talismans. Dans sa canne de sorcier, il avait glissé les yeux d’un jeune loup, la langue et le cœur d’un chien, et ce bâton de marche le préservait des brigands, des animaux féroces et des bêtes venimeuses. Ainsi le sorcier Eric courait la lande, rapide et infatigable, comme un chasseur.

Un jour, il déposa un drap à la croisée des chemins, et à la pointe du jour, ce drap s’était transformé en peau de loup. C’était la pèth : une peau que beaucoup voyaient comme une malédiction, mais que lui percevait comme un don. Le malheureux qui marchait par inadvertance sur cette peau l’endossait, sans l’avoir souhaité, et se retrouvait condamné chaque nuit à une terrible métamorphose ; dès le crépuscule, il se changeait en loup-garou et parcourait la nuit avec de terribles envies meurtrières. Au matin, il se réveilleait les mains tâchées de sang. Mais le baron, lui, se complaisait dans cette ivresse animale. Chaque nuit il se transformait en loup féroce, et les habitants de Seignosse couraient se réfugier dans leurs modestes demeures, sachant que le matin révélerait les horreurs de la nuit passée.

C’est dans ce climat infernal qu’un beau jour, un visiteur arriva au village, une coquille Saint-Jacques accrochée à sa besace, tout maigrelet. Ce n’était pas la première fois qu’un pèlerin passait par le village, mais celui-ci avait les vêtements déchirés et maculés de sang, comme si des chiens l’avaient attaqué. Personne n’osa lui demander quelle mauvaise rencontre il avait faite la nuit précédente, et par quel miracle il en avait réchappé. Les villageois pansèrent ses plaies en silence. Puis, quand la journée se fut écoulée, l’étranger, les yeux remplis de colère, s’adressa aux hommes qui rentraient au village :

« Malheur à vous qui acceptez d’être gouvernés par le Diable ; Dieu placera dans sa balance ce qui revient à Dieu et ce qui revient aux Enfers, alors sa colère terrible s’abattra sur vos terres ; priez donc votre Dieu et qu’il vous pardonne ou ne vous pardonne pas. »

Puis il s’enfonça dans la nuit noire, laissant la peur envahir l’âme des villageois, qui se mirent à prier leur Dieu. Alors un orage terrible se déversa sur Seignosse, des éclairs déchiraient le ciel, et au milieu du vacarme assourdissant du tonnerre, on entendait au loin la cloche de la chapelle du château, qui sonnait comme un appel à l’aide.
À la pointe du jour, l’orage s’apaisa, et les habitants de Seignosse gagnèrent la forteresse dont ils étaient autrefois si fiers. Ce qui était n’était plus, et à la place du château s’étendait à perte de vue une grande étendue d’eau que les anciens baptisèrent l’Étang Noir, pour ne pas oublier qu’ici avait habité le Mal.
Dieu était descendu parmi les hommes sous les traits d’un humble pèlerin : la première nuit il avait affronté le sorcier-loup qui hantait les campagnes ; à la deuxième nuit, il noya le seigneur avec son château et ses biens, pour que l’eau du Déluge purifie la terre souillée.

On dit à présent de l’homme qui marche sur les bords de l’étang, s’il entend sonner la cloche du château à travers les âges, qu’il mourra dans l’année.

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Il est intéressant de voir que dans cette histoire, la figure du sorcier se confond avec celle du loup-garou. Ce n’est en effet pas chose rare, car il fut un temps où l’on croyait au loup-garou avec autant de vigueur qu’aux sorciers et sorcières.
Le loup terrifia longtemps la population, comme je l’ai déjà évoqué dans La trêve de Noël des loups de la Lande, et dans l’imaginaire collectif c’était un animal diabolique, participant aux Sabbats, servant même parfois de moyen de transport aux sorcières. Le loup-garou était lui aussi traqué, arrêté, torturé et condamné.

Dans un village proche à la même époque, à Bascons, un paroissien confiait à l’abbé Foix, qui enquêtait alors sur les superstitions landaises : « Actuellement, nous sommes bien fournis, nous comptons 33 sorcières et 27 loups-garous ! »
L’ensorcellement des Landes, Eric Lafargue

De la même façon que pour les sorcières, on cherchait des moyens d’identifier les loups-garous, car de jour, le monstre pouvait être n’importe qui : un membre de la famille, un ami, un voisin… Chacun se soupçonnait et se montrait du doigt. On craignait d’autant plus les attaques car, en dehors d’une mort possible, on redoutait également de se retrouver soi-même changé en bête. En effet, si on était vaincu par le loup-garou, la peau de bête changeait de propriétaire et c’est la victime qui endossait la peau, chaque nuit, pendant 7 ans, avant qu’elle ne retourne à son véritable maître.

Mais on dit qu’il existe un moyen, assez simple en réalité, de défier un loup-garou :

On raconte que si le passant pris en embuscade trouve en lui la force de vaincre sa peur, et qu’il provoque le loup-garou en lui jetant cette phrase – Tiro-t’ la besto (enlève donc la peau) – alors, le loup-garou dépose la peau et c’est un combat loyal entre deux hommes qui s’engage. Si l’on parvenait à blesser l’homme loup et que le sang coulât, cet homme était libéré de la peau et de ses pouvoirs.
L’ensorcellement des Landes, Eric Lafargue

Cette croyance en les hommes-loups persista également à travers les siècles, et l’on trouve dans les Landes des histoires de loups-garous jusqu’à l’aube du XXème siècle…

Et si vous ne connaissez pas encore cette magnifique Réserve Naturelle, je ne peux que vous encourager à aller vous y promener ! Tout les infos par ici !

Les pierres de la fée

Un peu partout dans le département des Landes se dressent des pierres antiques, témoins des civilisations qui nous ont précédés ; ce sont des vestiges d’anciens tombeaux, des menhirs ou encore d’anciennes bornes militaires romaines, les explications officielles varient de l’une à l’autre… La présence de ces pierres qui ont traversé les siècles était pour nos aïeuls une énigme que l’on a tenté d’expliquer à l’aide d’une légende qui s’est propagée dans toute la région : celle des « pierres de la fée », ou « pierres de la sorcière ».

Il existe différentes versions de cette légende, et voici ce que dit l’une d’entre elles :

Des fées avaient décidé de construire un pont à Dax, avec des pierres assez grosses et solides pour résister aux crues de l’Adour. L’une d’elles, tout fière, en rapportait une si énorme et robuste qu’elle espérait rendre vertes de jalousie ses amies fées ; aucune d’entre elles n’en ramènerait d’aussi grosses ! Mais en chemin, elle fut arrêtée par un personnage inconnu qui lui demanda où elle se rendait ainsi. Agacée d’être importunée par cet étranger, elle répondit sèchement qu’elle se rendait à Dax pour construire le pont.
« Dites donc, s’il plait à Dieu ! lui répondit l’homme.
– Plaise ou ne plaise pas, la pierre géante ira à Dax ! s’écria l’insolente.
– Eh bien pose la pierre ici, et qu’elle y reste ! »
Saisie par une force supérieure, la fée laissa tomber la pierre au sol et fut incapable de la soulever de nouveau ; la pierre semblait faire corps avec la terre. La fée comprit alors que c’était le Bon Dieu qu’elle avait rencontré, et qu’il avait décidé de lui donner une leçon d’humilité. L’immense pierre resta donc vissée au sol, et la fée dut repartir les mains vides, et furieuse.

A Peyrehorade, cette histoire se termine de manière bien spécifique : la fée était si folle de rage de ne pouvoir la soulever qu’elle troua la pierre de sa quenouille, si bien que le village qui se trouvait à côté prit le nom de « pierre trouée », ou Peyrehorade.

Une même version de la légende se déroule à Sainte-Colombe près d’Hagetmau, ainsi qu’à Sarron, petite commune de l’extrême Sud-Est du département. Seul un petit détail change dans ce dernier cas : ce n’est plus une fée qui porte cette pierre à Dax, mais le Diable en personne, car il avait entrepris de lui-même de construire le pont (bien étrange que le Diable s’atèle à cette tâche qui pourrait s’avérer utile pour les hommes, mais l’histoire ne fournit pas d’explication quant à sa décision…). Plantée là par Dieu, furieux que le Diable ne lui ait pas demandé son avis, cette pierre-là porte donc logiquement le nom de « pierre du Diable », à la différence de toutes les autres.

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A Pouillon et à Labrit, le récit prend une autre tournure et devient « la pierre de la sorcière ». La figure de la fée et celle de la sorcière se confondent souvent, et on le voit tout particulièrement dans la légende de la pierre de Montpeyroux, à Pouillon.

Cette histoire-là raconte que la sorcière de Mondron avait volé une énorme pierre de la cathédrale de Dax et était en chemin pour l’offrir à son maître Satan, lorsqu’elle fut arrêtée par un homme qui lui ordonna de remettre la pierre à sa place. C’était le Bon Dieu, vous l’avez compris, et devant son refus, il s’empara de la grosse pierre qui se ficha dans le sol pour toujours. Furieuse, la sorcière tenta désespérément de s’agripper à son bien, laissant dans la pierre les traces bien visibles de ses doigts crochus.

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Vous le voyez, les deux légendes sont très proches l’une de l’autre, mais dans cette dernière version, il n’est plus question du pont mais de la cathédrale, édifice religieux qui justifie un peu plus l’intervention de Dieu. Et surtout, le personnage de la fée a été diabolisé pour devenir une sorcière se rendant au Sabbat. La confusion entre la fée et la sorcière s’épaissit un peu plus encore lorsque l’on sait que cette pierre de Montpeyroux est aussi parfois appelée la « peyre de la Hade », la pierre de la fée, mais pour une raison totalement différente : on dit que les fées venaient filer le lin sur de grosses pierres comme celle-ci en guise de quenouille.

A Labrit enfin, dans la Haute Lande, cette légende semble s’être mêlée à celle justifiant la présence de l’Oeil du Grué, ou l’Oeil du Diable, petite mare à la surface noire et figée qui a la réputation d’être maudite. Il ne semble pas y avoir la moindre trace d’une pierre antique par ici, mais la légende autour de cet endroit inquiétant est pourtant similaire : ce trou noir dans le sol aurait été créé par Satan qui, fou de rage à l’idée que Dieu ait piégé sa sorcière et lui ait volé la pierre de la cathédrale de Dax, aurait frappé le sol de toute la force de son poing. Cette mare est donc l’empreinte de la main du Diable, figée à tout jamais dans le sol de la Haute Lande. Plein de rancœur envers Dieu et les Hommes, il lança une malédiction sur ce lieu, qui engloutit depuis tous les imprudents qui osent s’y aventurer, humains comme animaux, dont on peut entendre les plaintes étouffées au fond de l’eau pendant la nuit de Noël.

Ces pierres de la fée, du Diable ou de la sorcière, sont la preuve qu’en matière de légende, rien n’est jamais figé. D’un thème commun et immuable, les versions s’entrecroisent, les récits se modifient, évoluent, on y ajoute ou retire des éléments, en fonctions des différents lieux, époques, et des différents événements auxquels l’on souhaite fournir une explication.
Cette légende s’est ainsi propagée dans toutes les Landes, prenant au passage différentes facettes, afin d’expliquer la présence de ces mystérieuses grandes pierres, posées là par ce qui semblait être une force supérieure, et rappelant aux populations que, partout dans la lande, Dieux et Diables ne sont jamais loin.

Le Seigneur de Poyaller

Éloignons-nous un peu de la côte landaise, de ses pins et de l’océan, pour nous enfoncer un peu plus dans les terres, vers les collines de la Chalosse. C’est à Poyaller, dans la commune de Saint-Aubin, que se déroule notre histoire. Je tenais tout particulièrement à la partager avec vous, car c’est la toute première légende que j’ai  lue lorsque j’ai commencé mes recherches, et qui m’a tout de suite confortée dans l’idée qu’il y avait dans les Landes de superbes histoires à lire, à entendre et à raconter…

Poyaller tour 1900Etat de la Tour de Poyaller, vers 1900
(dessin extrait de la monographie de Mugron -abbé Meyranx -1911)

                 Il y avait à la fin du XVIème siècle un seigneur cupide qui régnait sur le château de Poyaller et le domaine alentour. Sa cupidité était telle qu’il décida, malgré l’étendue de sa foi et les fermes interdictions de l’Eglise, de pactiser avec le Diable afin d’étendre encore sa fortune. Il offrit à Satan son corps et son âme, et en échange le Diable lui promit que son coffre resterait plein jusqu’à la fin de ses jours. Et il tint parole. Sa fortune prospéra encore et encore, sa famille menait grand train et s’enrichissait toujours plus, les fêtes les plus somptueuses étaient données chaque semaine pour les seigneurs des environs… Mais les années s’écoulaient et malgré l’opulence, le poids de son secret commençait à peser sur la conscience du seigneur, et la culpabilité le rongeait.
Il eut alors vent d’une grande nouvelle, celle des Croisades que l’on menait en Terre Sainte, et pris d’un élan d’espoir, il décida de se joindre au voyage, espérant que la valeur de son épée suffirait à le racheter auprès de Dieu. Il partit donc et se montra intrépide, mais le Diable rôdait toujours… Le seigneur tomba finalement aux mains des ennemis et fut prisonnier.
Les années passaient sans espoir de retour, et à Poyaller son domaine sombrait dans la ruine et la désolation. Son épouse, poussée par la solitude et la tristesse de ne pas voir revenir son seigneur, s’était entourée du plus beau monde et avait organisé fêtes et repas afin de se distraire, dilapidant ainsi les biens du domaine. Sept années avaient passé, et ainsi ruinée et meurtrie par les rumeurs de la mort de son époux, elle décida de se remarier.
C’est alors que le Diable choisit d’intervenir, et il fit son apparition dans la cellule du seigneur de Poyaller, lui apprenant que sa femme allait se remarier, que son domaine était au bord de la ruine, et qu’il était temps pour lui de rentrer. Le seigneur n’était pas dupe, et il savait bien qu’avec le Diable, on n’obtient rien sans compensation. Mais Satan lui promit qu’il ne demanderait rien de plus qu’une part de ce qu’il mangerait au banquet qui célèbrerait son retour. L’accord fut scellé, le Diable prit le seigneur sur son dos et ils partirent à la vitesse du vent en direction de Poyaller. Ils arrivèrent à l’aube des noces de sa femme et de son prétendant, et le Diable se transforma en un chien noir aux yeux flamboyants lorsqu’ils se présentèrent aux portes du domaine. Les serviteurs qui s’affairaient aux préparatifs des noces ne le reconnurent pas, ainsi vêtu de guenilles et amaigri par ses années de captivité, mais il réussit à les convaincre de l’amener auprès de la maîtresse des lieux. Elle déclara ne pas reconnaître son mari disparu, mais il savait comment prouver sa véritable identité ; il porta ses doigts à sa bouche et poussa un long sifflement. Aussitôt, son vieux chien sortit du château en courant et se mit à bondir autour de lui, tout heureux de retrouver son maître. Celui-ci siffla deux fois, et c’est son cheval que l’on entendit pousser un terrible hennissement tandis qu’il s’échappait des écuries pour venir poser sa lourde tête sur l’épaule du seigneur. Alors son épouse reconnut son erreur, et saisie d’émotion, se jeta dans les bras de son mari. On décida d’envoyer au fiancé qui se languissait à l’église de Saint-Aubin une poignée de noix, ce qui était la coutume à l’époque pour éconduire un prétendant.
On offrit bien évidemment un somptueux banquet pour célébrer le retour du seigneur, mais celui-ci déclara qu’il ne mangerait rien d’autre que des noix. Et tandis que le chien noir aux yeux flamboyants l’observait avec attention, le seigneur cassa tranquillement les cerneaux, mangea les noix avec plaisir, et se contenta de balancer avec dédain les coquilles vides à la tête du chien. Celui-ci émit un grognement furieux et, d’un bond, il sauta à travers les parois de la tour, laissant derrière lui un trou béant. Le seigneur raconta alors sa mésaventure à la foule effrayée et expliqua que s’il avait donné du pain au Diable, il y aurait eu pénurie de blé dans la région ; s’il lui avait donné du vin, il n’y aurait plus eu de vignes ; s’il avait mangé des cailles dodues ou du chevreuil qu’on lui proposait, le gibier aurait disparu. Il s’était donc contenté de noix, estimant que si les magnifiques noyers du jardin ne donnaient plus de fruits, ce n’était pas un trop grand prix à payer. Furieux et honteux d’avoir été ainsi dupé, le Diable ne revint jamais à Poyaller.

Cette légende du seigneur de Poyaller est peut-être l’une des plus connues des Landes, je l’ai rencontrée à trois reprises lors de mes recherches, et je serai curieuse de savoir si les habitants de Saint-Aubin la connaissent…

Le château de Poyaller avait depuis bien longtemps la réputation d’être un lieu maudit. Quelques générations de seigneurs qui vécurent là se marièrent plusieurs fois et n’arrivaient pas à concevoir d’enfants, ce qui troubla les lignes de succession du domaine. A cette époque où la sorcellerie était considérée comme une pratique courante dans tous les villages, il n’en fallait pas plus pour que l’on estime que cette famille avait subi une malédiction, lancée par une sorcière qui leur aurait « noué l’aiguillette ».

Bernard de Bénac, le seigneur qui apparaît dans cette histoire, hérita du domaine en 1578 et fit naître cette légende… Et la malédiction ne s’arrêta pas avec lui, puisque plusieurs évènements vinrent appuyer cette croyance dans les siècles suivants : de nombreux troubles et malheurs concernant les serviteurs de l’Eglise au XVIIème siècle firent penser que les sorcières étaient toujours à l’œuvre dans le village ; par deux fois au XIXème siècle, l’ouragan et la foudre vinrent détruire les édifices religieux ;  et deux fois encore au début du XXème siècle ; enfin, ce lieu a été le théâtre lors de la Seconde Guerre Mondiale de l’arrestation et l’exécution de plusieurs résistants français… La succession d’évènements malheureux, couplée à cette légende diabolique du seigneur de Poyaller, est venue nourrir l’imaginaire collectif qui continue de penser que ce lieu est maudit. Alors, est-ce l’œuvre d’une sorcière, du Diable, d’une malédiction… Ou seulement de beaucoup de malchance ? C’est à vous d’en juger !

La Barque aux Sorcières

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Je vous avais promis des sorcières, il me semble ! Ce n’est pas le choix qui manque… Les histoires de sorcières sont nombreuses dans le Sud-Ouest, et c’est à Capbreton que se déroule celle-ci :

                     C’est l’histoire d’un jeune marin de Capbreton, Cadet, qui était bien inquiet de voir qu’à chaque pleine lune, il retrouvait au matin sa barque toute mouillée, comme après une longue virée en mer. Il décida donc de se cacher pour voir ce qui se trafiquait durant ces nuits-là. De loin, il surveillait la barque, et vers minuit il vit sept femmes s’en approcher et s’y installer. Elles parlaient, mais il ne pouvait pas comprendre ce qu’elles disaient. Une fois toutes à bord, la barque se mit à glisser sur le sable et partit en mer à toute vitesse, sans s’inquiéter des vagues ni du courant. Les voyageuses revinrent deux heures après, toutes guillerettes, lui sembla-t-il.

A la lune suivante, de plus en plus curieux, il décida de se cacher au fond de la barque, sous de vieilles voiles, pour faire le voyage avec les sept femmes. Il attendit minuit avec impatience, et lorsqu’elles s’installèrent à leur tour, la barque fila de nouveau sur l’océan. Elle toucha le sable un moment plus tard, et les voyageuses descendirent. Il les suivit discrètement jusqu’à un immense palais avec d’énormes statues de bêtes et de sphinx. Il s’approcha et, de loin, vit un homme rouge au centre d’une ronde où se trouvaient nos sorcières, des loups-garous, des femmes à tête de serpent ou de crapaud, des hommes à tête de chèvre ou de chouette. Tous sautaient, dansaient, s’embrassaient. Il n’osa pas aller trop loin et revint sur ses pas pour se cacher à nouveau. Les sept femmes revinrent encore essoufflées de leurs danses, et reprirent leurs places dans la barque.

Une fois de retour à Capbreton, Cadet réfléchit longuement, et après être allé prier la Vierge de la Mâa dans sa vieille chapelle, il alla trouver le curé de Capbreton pour lui raconter sa mésaventure. Le curé écouta bien, et à la messe le dimanche suivant, il accueillit les fidèles sur le seuil de l’église avec le goupillon, les aspergeant d’eau bénite. Tous rentrèrent ensuite dans l’église, sauf les sept femmes, qui ne pouvaient plus y pénétrer. Et c’est avec effroi que Cadet reconnut sa jeune fiancée parmi les sept.

Du coup, il vendit sa barque et se fit moine, pria la Vierge de la Mâa toute sa vie, et oublia bien vite les sorcières.

(Retrouvez le conte dans son intégralité dans Les contes et légendes des Landes de Jean Peyreblanques)

On retrouve dans ce conte plusieurs composantes importantes du mythe populaire de la sorcière : la nuit, la pleine lune, le transport magique (qui n’est pas toujours un balai volant, même si c’est celui que l’imaginaire collectif a retenu), le Diable, et le Sabbat, cette fête démoniaque durant lesquelles les sorcières vénéraient le Diable, dansaient autour de lui, pactisaient avec lui, ou s’accouplaient avec lui. Ici le Sabbat semble ne se dérouler que pendant les pleines lunes, mais les légendes diffèrent à ce sujet, et certaines disent qu’il se tenait plusieurs fois par semaine, le mercredi et le vendredi. Le mythe de ces fêtes sataniques n’est pas l’apanage du Sud-Ouest et existe à travers toute l’Europe.

12191006_10206953984200238_5841530441769803665_nLa ronde du sabbat – Louis Boulanger

Par ailleurs, si de notre point de vue contemporain ces rassemblements ne sont que des mythes farfelus, à l’époque des grandes chasses aux sorcières de la Renaissance (et non du Moyen-Âge comme on a tendance à le penser), on y croyait dur comme fer. Aux XVIème et XVIIème siècles principalement, tout ceci faisait partie de la réalité du quotidien, et les témoignages ou aveux de sorcières condamnées, racontant avec une étonnante précision le déroulement des Sabbats, sont nombreux. C’est là que la légende se mêle à la réalité historique, mais nous reviendrons sur ces fascinantes chasses aux sorcières dans un prochain article, car il y a beaucoup à dire à ce sujet !

On peut donc imaginer que c’est à cette époque-là qu’est né ce conte populaire de la Barque aux Sorcières de Capbreton, et peut-être aussi toutes les autres histoires de sorcières des Landes…